Jun 27, 2022 18:50 UTC

Moins de deux mois après la réélection d’Emmanuel Macron, le vote des Français lors du second tour des élections législatives prive le président de la République du contrôle de l’Assemblée nationale.

Habituellement, à ce stade, on y voyait clair. Les urnes avaient parlé, confirmant le résultat de la présidentielle. Dimanche, la mécanique du fait majoritaire s’est enrayée. Huit semaines après avoir reconduit Emmanuel Macron, le vote des Français le prive du contrôle de l’Assemblée. Dynamique impressionnante de l’extrême droite, succès tactique de la gauche réunifiée, volonté de tempérer la toute-puissance élyséenne. Au terme d’une campagne polluée par les populismes, le paysage politique apparaît non seulement éclaté, mais aussi barré par l’épais brouillard d’une abstention massive qui interdit toute interprétation définitive. Ces quatre tours de scrutin ont suscité frustration, ressentiment, désintérêt. "Je voudrais avoir un mot pour tous ceux qui ont voté aujourd'hui pour Madame Le Pen (…) Je ferai tout durant les cinq années qui viennent pour qu'ils n'aient plus aucune raison de voter pour les extrêmes." A peine élu, le 7 mai 2017, Emmanuel Macron s'adressait aux électeurs du Rassemblement national (RN) et se donnait pour mission de les détourner de l'extrême droite. Plus récemment, le discours du chef de l'Etat et de ses soutiens est devenu une dénonciation des "extrêmes", incluant le RN mais aussi La France insoumise (LFI), le pôle radical de la gauche.


Cinq ans après le discours du Louvre, Emmanuel Macron ne peut que constater son échec. Dimanche 19 juin, le RN a décroché 89 sièges de députés, du jamais-vu dans l'histoire de l'Assemblée nationale. De l'autre côté de l'hémicycle, La France insoumise en a obtenu 72, parmi les 133 de la Nupes (selon nos calculs*). Ces deux forces constituent désormais les principales oppositions. Quasiment privé d'élus d'opposition qui seraient malgré tout prêts à discuter pour composer "une majorité d'action", le président réélu se retrouve confronté au risque de "l'immobilisme", selon le chercheur Olivier Rozenberg.

Xavier Dupret, économiste et Pierre Dortiguier, politologue s'expriment sur le sujet.

 

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