Aug 05, 2022 12:46 UTC

Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants des Etats-Unis, est arrivée à Taïwan le 2 août dans la soirée. Le ministère de la Défense chinoise a annoncé, en réponse, des «actions militaires ciblées».

Selon des images diffusées par Reuters, la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, est arrivée à Taïwan le 2 août, malgré les mises en garde de la Chine plus tôt dans la journée. Son avion a atterri à l'aéroport de Taipei Songshan un peu avant 23h, heure locale. Elle a fait une apparition rapide sur le tarmac, où elle a été reçue par Joseph Wu, le ministre des Affaires étrangères de l'île. Elle a déclaré quelques minutes plus tard, dans un communiqué de presse, réaffirmer le «soutien inconditionnel» des Etats-Unis à Taïwan, précisant que cette visite ne «contredi[sait]» pas la politique américaine concernant la Chine. Toutefois, cette visite hautement politique risque de tendre un peu plus les relations entre les Etats-Unis et Pékin.

La diplomatie chinoise a immédiatement réagi, également dans un communiqué de presse, fustigeant l'attitude «extrêmement dangereuse» des Etats-Unis. «Les Etats-Unis [...] tentent d'utiliser Taïwan pour contenir la Chine», a fait valoir le ministère des Affaires étrangères dans le document, ajoutant que Washington «ne cesse de déformer, d'obscurcir et de vider de tout sens le principe d'une seule Chine, d'intensifier ses échanges officiels avec Taïwan et d'encourager les activités séparatistes "indépendantistes" de Taïwan». Wu Qian, porte-parole du ministère chinois de la Défense, a lui assuré que la Chine allait lancer des «actions militaires ciblées» en représailles à la visite de Nancy Pelosi, afin de «défendre résolument la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale et à fermement contrecarrer les ingérences extérieures et les tentatives séparatistes d'"indépendance de Taïwan"». Plus tôt dans la journée, Hua Chuying, porte-parole de la diplomatie chinoise avait déjà mis en garde les Américains : «Les Etats-Unis auront assurément la responsabilité [des conséquences] et devront payer le prix de leur atteinte à la souveraineté et à la sécurité de la Chine.»

Ayssar Midani, analyste franco-syrienne des questions internationales et Luc Michel, géopoliticien, interviennent à ce sujet.

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