Oct 02, 2022 15:59 UTC
  • Poutine casse l'OTAN...

L’éditorialiste de Rai al-Youm estime que Poutine n'a pas risqué le processus d'annexion des quatre régions orientales et méridionales de l'Ukraine sans faire des calculs précis et des prévisions sur toute réaction éventuelle de l’Occident.

L'annexion par Poutine des quatre régions ukrainiennes ne lui laissait qu'un choix : la victoire ou la mort. C’est l’évaluation de l’éditorialiste de Rai al-Youm concernant la situation compliquée dans les champs de bataille, où les forces russes et ukrainiennes sont farouchement en conflit les unes avec les autres. La traduction française de la note d'Abdel Bari Atwan est donnée ci-dessous : 

« Comme beaucoup d'autres, nous avons suivi le "discours historique" prononcé hier par le président Vladimir Poutine, dans lequel il s'en prenait à l'Occident, ses valeurs, sa morale, sa décadence et sa perversion, comme s'il était l'un des cheikhs salafistes radicaux. Il a déclaré l'annexion de quatre régions ukrainiennes à la Fédération de Russie, les considérant comme partie intégrante de la Russie. »

Le célèbre analyste russe Alexander Nazarov a résumé les conséquences de l'étape d'annexion en disant : « Le président Poutine et l'élite dirigeante qui l'entoure n'ont plus qu'une seule option, qui est soit la victoire, soit la mort, car la perte de ces quatre régions, outre la Crimée (rattachée en 2014), pousse vers l'option nucléaire pour contrer ce qu'il considère comme une menace existentielle pour la Russie et mettre en jeu le sort de Poutine à la présidence. »

Nous ne pensons pas que le président Poutine ait mené ce dangereux processus d'annexion sans calculer soigneusement et précisément ses calculs, y compris la nature de la réponse occidentale attendue à son encontre. Les solutions politiques, ainsi que les négociations pour parvenir à la fin de la guerre, sont devenues presque impossibles, à moins que l'Amérique ne lève le drapeau blanc de la reddition. Le Congrès a approuvé un programme d'aide militaire d'environ 12,3 milliards de dollars, tandis que la Banque mondiale fournira une aide en espèces pour soutenir l'économie ukrainienne d'environ 530 millions de dollars. Ainsi le volume de l'aide militaire américaine dépasse les 65 milliards de dollars depuis le début de la guerre en février dernier.

Le président Poutine a dressé un grand obstacle à toute reprise des négociations lorsqu'il a annoncé qu'il n'annulerait pas le processus d'annexion. C'est une décision définitive, et les quatre régions sont devenues russes, et sont protégées par le parapluie nucléaire russe.

L'accent mis par le président Poutine sur la détérioration des conditions de l'économie occidentale dans son discours suggère qu'il a gagné la guerre économique. Alors que l'économie russe et le rouble se renforcent (51 roubles par rapport au dollar), les marchés financiers occidentaux vont s'effondrer et les bourses perdent des centaines de milliards sur leurs actions, et elles font chuter les principales devises telles que l'euro et la livre sterling. 

La hausse actuelle du dollar est trompeuse, et est due à la hausse des taux d'intérêt pour réduire l'inflation, selon l'avis des économistes occidentaux.

L'Occident, à la lumière de cette image sombre de son économie, ne peut pas s'engager dans une guerre d'usure à long terme contre la Russie, et nous devons nous rappeler que la Chine, qui est la principale cible finale de cette guerre contre la Russie, se renforce à tous les niveaux et sera le plus grand bénéficiaire économique et politique de cette guerre. Militairement, elle n'a jusqu'à présent pas perdu « un seul yuan », mais a gagné des centaines de milliards sous la forme de pétrole et de gaz russes à des prix réduits.

L'Europe a commencé à « s'agiter » à la suite de la guerre d'Ukraine et des crises qui l'ont frappée, notamment la crise énergétique.

Un sondage du Conseil européen des relations étrangères, mené dans 11 pays européens avant la guerre d'Ukraine, montre que l'opinion publique européenne considère que les gouvernements de l’UE doivent rester neutres dans tout différend entre les États-Unis, la Russie ou la Chine.

L'OTAN fait face ces jours-ci à de sérieuses divisions qui sont dissimulées, la Turquie, son membre « gênant », refusant toujours de rejoindre la Suède et la Finlande après avoir violé ses promesses de livrer les opposants turcs. Une guerre nucléaire détruirait la Russie, mais elle détruirait aussi la majeure partie de l'Europe.

 

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