Nov 22, 2022 10:37 UTC
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Accusant ouvertement l’armée ukrainienne d’avoir exécuté 10 soldats russes, le Kremlin se dit déterminé à identifier et châtier les auteurs de ce qu’il qualifie de « crime de guerre ».

Le Kremlin s’est engagé à traduire en justice les personnes responsables de l’exécution présumée de ses soldats, après la diffusion de vidéos montrant apparemment l’exécution.

« Il ne fait aucun doute que la Russie elle-même recherchera les auteurs de ce crime, ils doivent être retrouvés et punis », a déclaré lundi 21 novembre à la presse, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Les vidéos publiées sur les réseaux sociaux la semaine dernière montraient les dépouilles de militaires russes qui avaient déposé leurs armes face aux troupes ukrainiennes.

L’Ukraine a reconnu que les soldats avaient été abattus à la suite de ce qu’elle appelle une fausse reddition, mais a démenti toute responsabilité dans leur assassinat.

La Russie « fera tout dans le cadre des mécanismes internationaux pour attirer l’attention sur ce crime », a ajouté Peskov.

De même, le ministère russe de la Défense a dénoncé ces exécutions comme des « crimes de guerre ». Il a déclaré la semaine dernière que les vidéos montraient le « meurtre délibéré et méthodique » de plus de 10 militaires.

« Personne ne pourra présenter le meurtre délibéré et méthodique de plus de 10 soldats russes qui étaient immobilisés […], avec des tirs directs dans la tête, comme une exception tragique », a clamé la Défense russe dans un communiqué publié vendredi 18 novembre.

Il a ajouté que ce « meurtre brutal » n’était pas le premier ni le seul crime de guerre commis par les forces ukrainiennes.

Dans un rapport publié plus tôt la semaine dernière, l’ONU a déclaré avoir reçu des « allégations crédibles » d’exécutions sommaires de prisonniers de guerre russes capturés par les forces ukrainiennes et de plusieurs cas de torture et de mauvais traitements, affirmant qu’elle examine les vidéos.

Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montre des soldats se rendant à plusieurs militaires en tenue de camouflage et portant des brassards jaunes. Les soldats qui se livrent se couchent par terre dans la cour arrière d’une maison remplie de décombres. La vidéo est interrompue brusquement, lorsque des coups de feu se font entendre.

Une autre vidéo filmée du dessus montre les corps d’une dizaine de personnes inertes dans une mare du sang.

Le Conseil des droits de l’homme auprès du Kremlin a affirmé que ces exécutions s’étaient produites à Makïivka dans la République populaire de Donetsk, à la mi-novembre.

La vice-Première ministre ukrainienne chargée de l’Intégration européenne et euro-atlantique, Olga Stefanishyna, a pour sa part, indiqué à l’agence de presse AP que l’Ukraine lançait une enquête, bien qu’il soit « hautement improbable » pour Kiev que ces vidéos démontrent un crime de guerre.

Le New York Times a confirmé l’authenticité des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montant l’exécution des prisonniers de guerre russes par l’armée ukrainienne dans la localité de Makïivka, après que ces derniers se sont rendus aux forces ukrainiennes.

L’opération militaire spéciale de la Russie dans le territoire voisin méridional a commencé en février 2022. Moscou dit que l’opération vise à défendre la population pro-russe dans les régions ukrainiennes orientales de Louhansk et de Donetsk contre la persécution systématique de Kiev.

En 2014, les deux Républiques se sont séparées de l’Ukraine, refusant de reconnaître un gouvernement ukrainien soutenu par l’Occident qui avait renversé une administration démocratiquement élue et favorable à la Russie.

Depuis le début de la guerre, les pays occidentaux, menés par les États-Unis, ont mis la pression sur la Russie avec une série de sanctions économiques. En revanche, ils ont armé l’Ukraine des équipements avancés, des mesures qui, selon la Russie, ne feraient que prolonger la guerre en Ukraine.

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