Sep 21, 2019 15:51 UTC

Au sommaire :

1. Aramco : la France victime de ses allégeances...

Signataire des accords militaires avec les Émirats et le Koweït, la France pourra-t-elle se trouver dans des circonstances contraignantes la poussant à attaquer l’axe de la Résistance en cas de poursuite de l’agression saoudo-émiratie contre Ansarallah, ce qui obligerait en retour ce dernier à s’en prendre aux Émirats ?

En tout cas, le site militaire Opex360 n’écarte pas de telles possibilités :  

« Une attaque contre les Émirats arabes unis est susceptible d’intéresser la France. » 

Et ce pour plusieurs raisons, dont le site ne cite que deux :

« La France et Abou Dhabi sont liées par un accord de défense signé en mai 2009 et la France possède une base militaire dans ce pays, la base aérienne 104 d’al-Dhafra du 5e régiment de cuirassiers. »

Ainsi, « le gouvernement de la République française s’engage à participer à la défense de la sécurité, de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance de l’État des Émirats arabes unis » et « à déployer les moyens et dispositifs définis en commun de nature à dissuader tout État qui tenterait de menacer la sécurité, la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance de l’État des Émirats arabes unis », précise l’article 4 de cet accord.

Toujours selon cet article, la France s’engage « à participer par ses forces armées, en application de décisions prises en commun, à la défense de la sécurité, de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance » des Émirats afin de « dissuader et repousser toute agression qui serait menée par un ou plusieurs États ».

Comme on le voit, cet accord de défense évoque la possible agression d’un « État »… Ce qui, théoriquement, exclut du champ de ce texte toute attaque lancée par une organisation non étatique comme peuvent l’être les Houthis… sauf s’il est manifeste que cette dernière est soutenue par l’Iran...

Mais une dernière question reste entière : et si tout cela n’était qu’un coup de théâtre des USA pour créer un mobile à la guerre afin d’embraser le golfe persique et provoquer l’effondrement des économies puissantes de l’Europe, dont celle de la France ?

2. L’Italie a l’intention de rejoindre l’Initiative européenne d’intervention, lancée par la France

Voici comment le ministère des Armées a exprimé son regret de ne pas voir l’Italie rejoindre l’Initiative européenne d’intervention créée en 2018 par la France :

« L’Italie a travaillé très étroitement avec nous tous pour définir le contour de l’IEI. Les nombreux échanges que nous avons eus avec Rome sur l’IEI ont visé à apporter toutes les garanties nécessaires pour répondre aux préoccupations italiennes. Désormais, seuls les Italiens peuvent s’exprimer sur leur choix. Nous regrettons que l’Italie n’ait pas signé la Lette d’intention le 25 juin, mais, naturellement, Rome pourra rejoindre l’initiative à tout moment, sur la base du texte qui vient d’être signé. »

Il faut dire le contexte politique italien, avec une coalition « antisystème » au pouvoir, ne se prêtait pas forcément à une participation de Rome à cette IEI. Mais la décision de Matteo Salivini, le chef de file de la Ligue, de rompre avec le Mouvement Cinq Étoiles (M5S) a changé la donne.

En effet, un nouveau gouvernement, réunissant des membres du M5S et du Parti démocrate italien (centre gauche, pro-européen), a été investi au début de ce mois, avec Lorenzo Guerini en tant que nouveau ministre de la Défense.

Depuis, l’Italie a officiellement rejoint le programme d’avion de combat « Tempest », lancé par le Royaume-Uni. Une décision logique, dans la mesure où la filiale britannique de Leonardo était déjà impliquée dans ce projet et où l’Aeronautica Militare et la Royal Air Force ont en commun le F-35B, Eurofighter Typhoon et, jusqu’au 1er avril dernier, le PANAVIA Tornado.

Pour rappel, ne relevant pas de la Politique de sécurité et de défense commune (PESDC) de l’Union européenne, l’IEI doit permettre de renforcer la capacité des pays européens à agir ensemble en favorisant l’émergence d’une culture stratégique commune et en créant les conditions pour de futurs engagements conjoints, éventuellement pour répondre à des crises susceptibles de menacer la sécurité de l’Europe.

3. « Prête à réagir » : la France lance un avertissement aux USA à propos d’Airbus

L’Europe est prête à imposer des droits de douane l’année prochaine sur les produits américains à titre de représailles, a déclaré le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, à propos du différend de longue date concernant les subventions accordées aux constructeurs d’avions Airbus et Boeing.

« Les guerres commerciales ne sont bonnes pour personne », a lancé Bruno Le Maire lors d’une réunion avec son homologue allemand à Paris. Les ministres des Finances ont ainsi mis en garde les États-Unis dans le contentieux opposant Airbus à Boeing devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Selon M. Le Maire, l’Europe se prépare à d’éventuelles sanctions américaines concernant le différend sur la subvention des avions.

« Si les États-Unis devaient nous imposer des sanctions, [ils] doivent savoir que nous serions prêts à réagir, là encore dans le cadre de l’OMC et des possibilités qu’elle nous donnera d’ici quelques mois », a-t-il déclaré, notant toutefois qu’ils « continuaient à tendre la main aux alliés américains. » 

L’OMC a établi en mai que l’Europe avait illégalement subventionné Airbus, portant ainsi un coup bas à son concurrent américain Boeing. L’Union européenne a porté un cas similaire devant l’OMC, accusant le gouvernement des États-Unis de subventionner illégalement Boeing.

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