May 22, 2020 07:02 UTC
  • Venezuela/Iran: 1er marche arrière US

Le Pentagone n'a actuellement aucune opération en cours pour arrêter ou inspecter les pétroliers iraniens en route vers le Venezuela.

« L'armée américaine n'a actuellement aucune opération en cours pour arrêter ou inspecter les pétroliers iraniens en route vers le Venezuela », a déclaré jeudi à la presse le porte-parole du département de la Défense, Jonathan Hoffman.

« Pour le moment, je ne suis au courant d'aucun effort ou d'une opération qui soit en cours », a-t-il déclaré en réponse à une question sur la position américaine à l'égard des pétroliers iraniens.

Hoffman a ajouté que l'Iran et le Venezuela violaient clairement les sanctions américaines contre les deux nations.

L'ambassadeur du Venezuela auprès des Nations unies, Samuel Moncada, s'est également déchaîné contre les États-Unis, affirmant que toute tentative d'arrêter les pétroliers serait illégale.

« Interdire à ces bateaux d'atteindre leur destination constituerait donc un crime contre l'humanité », a-t-il déclaré lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée aux dossier du Venezuela.

Plus tôt mercredi, l’ambassadeur d’Iran au Venezuela,M. Hojjatollah Soltani a défendu l’élargissement des relations commerciales entre les deux nations et la décision de Téhéran d’avoir acheminé cinq pétroliers vers le Venezuela. Il a estimé qu’il relève du droit des deux pays de faire du commerce librement.

« Les conventions internationales protègent les liens croissants entre les deux nations sanctionnées par les États-Unis. La relation entre l’Iran et le Venezuela ne menace personne. Ça ne représente aucun danger pour personne », a-t-il réaffirmé. 

M. Hojjatollah Soltani a démenti les allégations selon lesquelles des avions iraniens seraient revenus du Venezuela chargés d'or pour payer le soutien de l'Iran. Il a accusé le secrétaire d'État américain Mike Pompeo de diffuser de « fausses nouvelles » pour saper le commerce que l'ambassadeur a qualifié de « gagnant-gagnant » pour le Venezuela et l'Iran.

L’ambassadeur iranien a également qualifié de sans importance les sanctions américaines pour dire :

« Ils peuvent sanctionner qui ils veulent… L'Iran avancera toujours. »

L'Iran a déjà mis en garde les États-Unis contre toute tentative d'interception de ses pétroliers en route vers le Venezuela dans les Caraïbes et a promis de riposter si cela devait se produire. 

Missiles Kh-31 braqués sur les navires de guerre US

Équipés de missiles antinavires Kh-31, la force aérienne vénézuélienne a commencé à voler dans l'espace aérien du pays. Elle prévoit de frapper sans le moindre avertissement tout navire de guerre américain qui s’élance dans un aventurisme contre les pétroliers iraniens qui s'approcheront du côte de la République bolivarienne.

Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino Lopez, a souligné que Caracas prendrait des mesures militaires pour protéger l’arrivée prochaine des tankers iraniens et de leur cargaison d’essence et d’autres produits pétroliers.

« L'armée vénézuélienne escortera les pétroliers iraniens livrant du carburant au Venezuela dès qu'ils entreront dans la zone économique exclusive du pays sud-américain », a-t-il assuré mercredi.

Padrino a déclaré que l'escorte les accueillerait et que Caracas remercierait le peuple iranien pour sa solidarité et sa coopération. Il a ajouté que le gouvernement vénézuélien avait été en contact avec le ministre iranien de la Défense.

Compte tenu des capacités des missiles antinavires Kh-31, ainsi que de la détermination du Venezuela à frapper la flotte américaine, tout affrontement avec les pétroliers iraniens au Venezuela sera probablement évité.

Le Kh-31 est un missile air-sol et anti-navires destiné à l'emploi à-partir d'avions de chasse tels que les MiG-29 ou les Su-27. Capable d'atteindre une vitesse de Mach 3.5, ce missile de croisière est le premier missile anti-navire supersonique au monde à pouvoir être tiré depuis des chasseurs tactiques (dans sa version anti-navires).

Il convient de noter que l'Iran a également émis une série d'avertissements à destination des États-Unis, notamment des menaces de faire couler les navires qui s'approcheraient de ses frontières.

 

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