Aug 09, 2020 16:06 UTC
  • La France contre la Résistance?

C'est bien hypocrite de la part du président Jupiter : trois jours après avoir évoqué sur les ruines de Beyrouth tour à tour un réforme du système politique au Liban, la mise sous tutelle du pays sous forme d'un retour au mode protectorat, puis une enquête internationale sur la double explosion visant surtout à humilier l'Etat libanais et ses institutions, Macron met en garde contre un "déchainement de la violence et du chaos" au Liban.

Et pourtant ce chaos, c'est sa visite et plutôt sa mission à accomplir au Liban qui l'ont semée. Ouvrant ce dimanche la visioconférence des donateurs au Liban,  Macron a appelé à «agir vite et avec efficacité» pour aider la population libanaise et à éviter que ne se déchaînent «la violence et le chaos». Jupiter a même hasardé un " Le peuple libanais est libre, fier et souverain" mais le mal est déjà fait. Depuis que Macron a menacé le gouvernement libanais et de concert avec Israel et USA, soufflé sur la braise de la violence, plus personne au Liban ne le croit.

On sait que les manipulations macroniennes font écho au refus catégorique du président Aoun d'une enquête internationale aux relents néocolonialistes, puis à sa menace de recourir aux sources  "autres que français" pour avoir des éléments nécessaire à mener à bon terme l'enquête que le Liban est sur le point de mener sur les circonstances de la double explosion du 4 août, , l'identité des vrais commanditaires et leur jugement. Evidemment, il y a des relais locaux et effervescence de la rue pro Geagea, pro Joumblatt, pro Hariri en dit long. Mais personne ne croit qu'un entrepôt, fût-ce bourré de nitrate puisse créer un "champignon simili-nucléaire"! 

Middle East Monitor reviennent sur l'écho catastrophique de la visite du "hautain Macron" à Beyrouth où "l'intéressé au lieu de panser les plaies, s'est payé le luxe de les faire saigner pour les beaux yeux d'Israël et des Etats-Unis".  Cette mise en scène « arrogante et moralisatrice auquel s’est livré le président français » intervient alors qu'en France on ne l'aime et lui reproche sa mauvaise gestion. Quant à l'image qu'il véhicule au Liba, ce n'est plus celle à la quelle les Libanais ont l'habitude mais celle que veulent les Américains. L'objectif est clair : sauver la peau d’Israël dans une affaire où il est le premier suspect.

Macron fait le jeu d'Israël dans une  région qui fait l’objet de forts sentiments antisionistes depuis longtemps en particulier au Liban, envahi par Israël (1982) avant de subir à maintes reprises des raids israéliens et une guerre avec Israël (2006).  Les Etats-Unis cherchent-ils à faire de la France un substitut d'Israël en pleine décomposition? Après tout ce serait une piste à explorer que de diaboliser la France aux yeux du Hezbollah, à détourner les intentions d’Israël dont l'arsenal et le casier lui permet d'être le vrai commendataire des explosions de Beyrouth. Mais qui a permis à Macron de faire de la France le souffre-douleur d’Israël? les lobbyistes sionistes qui l'ont fait élire?   –  et substituer ainsi la France à Israël pour protéger les intérêts stratégiques des Israéliens au détriment de ceux des Français."

Le journal évoque ensuite la réaction des utilisateurs arabes aux propos et à l'atitude à la limite de l'insulte de Macron à l'égard du général Aoun, président chrétien du Liban : " Macron s'est trop pris à son propre jeu! il avait oublié les crises nationales que traverse son pays depuis trois ans, Gilet jaune, emploi, municipale, Covid-19 et puis un poids internationale totalement inexistant pour venir pêcher ses leçons au Liban, écrit un utilisateur cité par Middle East Monitor.

« Pendant longtemps, la France n'a pas eu de président qui, comme Emmanuel Macron, ne pouvait contenir ses ambitions impériales. Cet homme déclare impertinemment qu'il fournit un nouveau contrat déterminant la nouvelle vie politique libanaise, et lors de son court voyage à Beyrouth, il se comporte comme si le Liban était encore un protectorat français. ", a écrit sur Twitter Bashir Nafia, un historien palestinien, résidant en Grande-Bretagne. Yemani ben Islam al-Salami, un activiste yéménite, a twitté : «Nous vivons au 21e siècle et le monde est devenu un village. L'ère du colonialisme est révolue depuis longtemps, sauf dans l'esprit du président français. » « Macron parle des réformes politiques, sociales et économiques au Liban de la même manière, comme si le Liban est toujours un protectorat français ou une propriété qui lui appartient », a poursuivi al-Salami.

Les utilisateurs de Twitter ont été aussi sensible au fait que le président français ait parlé aux Libanais dans les rues de Beyrouth sans garder la distance nécessaire, tout en refusant de serrer la main de son homologue libanais, Michel Aoun.

La scène de l'interview en présence du président Aoun et le comportement de l'entourage de Macron qui ont repoussé Michel Aoun lorsque les journalistes l'ont interrogé, puis lui ont demandé de quitter les lieux. "Un examen du comportement du président français vis-à-vis des responsables libanais lors de son « show arrogant et moralisateur » au Liban montre qu'il s’est senti en position de force face aux autorités libanaises.Macron est même allé jusqu’à menacer les responsables libanais de prendre des mesures personnelles s'ils ne mettaient pas en œuvre des réformes politiques. Mais ceci a un prix à payer et ce prix sera trop cher ... un divorce entre la France et le Liban"

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