Sep 17, 2020 11:03 UTC
  • 1er missile

Le vieux Eliott Abrams a fait ce jeudi 17 septembre une sortie bien attendue :

Alors que l'armée de l'air vénézuélienne, visiblement renforcée depuis que les conseillers militaires iraniens se trouvent en République bolivarienne, vient d'abattre un deuxième avion US en l'espace de quelques semaines, laissant entendre que les missiles sol-air iraniens ou encore les drones de combat made in Iran ont déjà été livrés au Venezuela, Abrams s'est mis à menacer "les firmes qui oseraient vendre des armes à l'Iran".

Vu que la crainte anti-Iran au sein de l'administration US s'est transformée en une vraie obsession poussant même un Pompeo à voir le Hezbollah se doter instamment sous peu de "chars chinois et de la DCA russe", la sortie est bien compréhensible. Seul hic : la levée de l'embargo militaire contre l'Iran n'inclut pas seulement la vente d'armes aux Iraniens mais aussi la vente des armes iraniennes. Qu'Abrams se tienne bien, une première arme iranienne semble avoir trouvé son client et pas des moindres : la Corée du Nord. A peine quelques jours après la tenue de vastes exercices militaires Zolfaqar-99, exercices qui a impliqué quelques-unes des plus belles performances des unités aérospatiale de la marine iranienne, Pyongyang a annoncé vouloir tester un missile anti navire en immersion. 

"Jask-2" iranien, ce missile de croisière embarqué à bord du sous-marin furtif Ghadir a fait un tabac, quitte à impressionner les attachés militaires nord-coréens présents aux exercices. Jask-2 est en effet un projet stratégique, parfaitement iranien et rare en termes de portée et de complexité qui fait classer l'Iran parmi les 10 pays du monde qui le maîtrise. Il a tout bonnement doté des sous-marin furtifs iraniens de missile de croisière de type Nasr de façon à ce qu'il soit tiré en immersion sans se faire ni traquer ni intercepter.

Mercredi un haut responsable militaire sud-coréen a déclaré que la Corée du Nord pourrait bientôt effectuer son premier test de missiles balistiques lancés en immersion.

A en croire les médias sud coréens, la Corée du Nord aurait réparé les récents dommages causés par le typhon dans son chantier naval du nord-est de Sinpo, un endroit où elle construit des sous-marins.

« Peu de temps après la fin des réparations, il est possible qu'il effectue un test de missile balistique lancé par sous-marin », a déclaré Won. Et de poursuivre : « L’armée sud-coréenne suit de près l’évolution de la situation dans ce pays ».

Ces dernières années, la Corée du Nord a fait de gros efforts pour accéder à la capacité de lancer des missiles à partir de sous-marins, ce que les experts considèrent comme une évolution importante car ces armes sont difficiles à détecter avant leur lancement. Le test du missile lancé sous l'eau par la Corée du Nord serait un premier depuis trois ans. Pour les milieux US qui ne cessent de souligner l'origine nord coréenne de l'arsenal balistique iranienne, cette coïncidence devrait être bien significative. 

La Corée du Nord pourrait effectuer donc un test de missile balistique lancé par sous-marin, ou SLBM, pour améliorer sa capacité d'attaque nucléaire et faire pression sur Washington après l'élection présidentielle américaine de 2020.

Il y a eu des spéculations selon lesquelles la Corée du Nord pourrait tester un tel missile avant l'anniversaire de la fondation de son Parti des travailleurs au pouvoir, le 10 octobre. Cela tombe bien puisque l'embargo sur le commerce d'armes avec l'Iran sera levé dès le premier octobre, que le vieux Abrams le veuille ou pas... 

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