Sep 20, 2020 10:58 UTC
  • Caraïbes: coup de missile Iran/Russie?

Samedi, les sources russes ont confirmé le ralliement de la Russie au corridor maritime anti-sanction que l'Iran a ouvert en mai entre le golfe Persique et les Caraïbes, pour secourir son allié vénézuélien et ce, sous les yeux impuissants de la IVe flotte US.

Alors qu'un second convoi de pétroliers iranien chargé d'essence est attendu cette semaine au large de la République bolivarienne dont le secteur pétrolier vient de se faire une nouvelle santé à la faveur des techniciens iraniens, un superpétrolier chargé de pétrole vénézuélien et battant le pavillon russe, a quitté le pays pour une destination inconnue. L'US Navy osera-t-elle l'attaquer? Avec un pavillon russe flottant à bord de Maximo Gorki, les USA auraient du mal à s'emparer du navire, comme ils l'ont fait au mois d'août pour un autre bâtiment vénézuélien dont la charge a été détournée et ramenée à Houston. 

Surtout que la Russie vient d'annoncer, et un peur dans la foulée des "coopérations balistiques" déjà en cours entre le Venezuela et l'Iran, son attention de déployer pour la première fois des missiles aux Caraïbes.  Lors d’une interview accordée à la chaîne de télévision Russia 24, Igor Korotchenko, analyste militaire a évoqué la création d’une base de missiles russe équipée de systèmes de défense antiaérienne sur le territoire de Cuba, où la Russie possède une puissante station radar. L'analyse reproche à Washington d’avoir déchiré les accords sur l’élimination des missiles à moyenne et courte portée. Ce qui permet à Moscou d’étendre ses stocks de missiles en hémisphère occidental. 

« Créer une base militaire russe abritant de nouveaux missiles Iskandar avec une portée accrue à Cuba, signifie la domination de la Russie sur l'hémisphère occidental. Après le retrait des États-Unis du traité FNI, rien ne nous empêche de renforcer les capacités de nos systèmes d'armements efficaces et d’augmenter leur portée à plusieurs milliers de kilomètres. Cuba est le point clé où nous garderons sous contrôle tout ce qui se passe », a déclaré Igor Korotchenko cité par Russia24. 

Les experts estiment que si les États-Unis d'Amérique ne veulent pas résoudre les problèmes émergents par des moyens diplomatiques, la Russie n'a tout simplement pas d'autre choix, d'autant plus que la création d'une base de missiles à Cuba est pleinement conforme aussi bien aux intérêts de la Russie qu’à ceux de la République de Cuba, indique le médias sans pour autant souligner qu'une coopération balistique Téhéran-Caracas, telle qu'elle se précise, est sur le point de créer un véritable bouclier de missile anti-US aux portes des Etats-Unis. 

Surtout qu' il s’agit d’une administration américaine dont les ingérences en Amérique du Sud, placées sous l'étiquette de doctrine Monroe, se poursuivent. Après tout, il n'existe aucune raison pour qu'une Amérique en perte de vitesse continue à imposer sa loi aux Caraïbes.

L'idée d'une base de missiles à Cuba répond donc parfaitement à l'initiative russe de rallier le corridor maritime Iran-Venezuela :" Le plus grand superpétrolier du Venezuela a changé de nom et figure désormais sur le registre russe. Sur les 800 navires qui ont déjà navigué sous pavillon vénézuélien, seulement deux ont été conduits vers une autre juridiction - le Liberia et le Panama. Anciennement nommé Ayacucho, le pétrolier de classe VLCC (très grand pétrolier transporteur de brut) avec un port en lourd e 320,8 mille tonnes, est devenu en mai 2020 "Maximo Gorki" pour passer pour russe. Ce qui laisse à croire que la Russie aurait acquis son plus gros pétrolier capable de contenir 2 millions de barils de pétrole ", explique Russia 24 avant d'ajouter : "Si les États-Unis tentent d'intercepter un supertanker par la force, la Russie pouvait bien le considérer comme étant une agression et commencer à s'emparer des pétroliers américains, l'armée russe a suffisamment de forces et de moyens pour cela".

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