Jan 26, 2021 19:36 UTC

L’Iran et la Russie sont résolus à étendre leurs relations dans tous les domaines. C’est ce qu’ont souligné les chefs de la diplomatie des deux pays, lors de la rencontre de Zarif avec son homologue russe à Moscou.

Parallèlement, les deux hommes politiques ont fait part de la signature d’un accord de coopération conjointe dans le domaine de la sécurité de l’Information, qui constitue un tournant dans le domaine de la coopération entre les deux pays en matière de cybersécurité.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, et son homologue russe, Sergueï Lavrov, ont signé mardi un accord de coopération commune dans le domaine de la cybersécurité, lors de la visite de Zarif à Moscou.

La signature de cet accord sera un tournant important dans le domaine de la coopération entre les deux pays en matière de cybersécurité.

L’un des avantages de cet accord bilatéral est la coopération des deux parties dans les organisations régionales et internationales pour assurer la sécurité de l’information aux niveaux national et international.

 Au sein du Groupe de sécurité de l’information de l’ONU, l’Iran et la Russie ont des positions communes et une coopération étroite.

Cet accord fait référence au Traité sur la base de relations réciproques et aux principes de coopération entre les deux gouvernements, conclu le 12 mars 2001, en vue de renforcer et d’étendre la coopération régionale et internationale Téhéran-Moscou.

Les domaines spécifiques de coopération entre les deux pays dans le cadre de cet accord comprennent le renforcement de la sécurité de l’information, la lutte contre les crimes commis à l’aide des technologies de l’information et de la communication, l’assistance technique et technologique, la coopération internationale, y compris l’identification, la coordination et la coopération nécessaire dans les instances régionales et internationales pour assurer la sécurité nationale et internationale des deux pays.

En termes de la teneur de cet accord, les deux parties peuvent développer leur coopération dans les domaines de la lutte contre les menaces, de l’échange d’informations ainsi que l’application de la loi dans le but de poursuivre, détecter, combattre, enquêter et poursuivre les crimes utilisant les technologies de l’information et de la communication à des fins terroristes.

Lavrov a précisé :

“L’accord susmentionné permet la coordination de nos actions dans le contexte de l’importance croissante des problèmes qui existent dans le cyberespace, ainsi qu’en termes de leur impact croissant sur les relations internationales et la situation dans chaque pays.”

Lavrov : les relations Iran-Russie sont indépendantes des “désirs” américains

Lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue iranien, le ministre russe des Affaires étrangères a exprimé l’espoir du retour des États-Unis à l’accord sur le nucléaire iranien et a déclaré que les relations Iran-Russie sont indépendantes des tendances ambitieuses des États-Unis.

“Nous (l’Iran et la Russie) avons une position commune sur l’accord nucléaire et nous sommes intéressés par la pleine survie de cet accord, et nous pensons que la pleine réalisation de l’accord nucléaire dans le cadre de la résolution de 2231 est le seul moyen de le préserver”, a déclaré Lavrov au début de son discours, faisant référence à la question de l’accord nucléaire discutée avec Zarif.

Le retour des États-Unis à l’accord sur le programme nucléaire iranien aplanira le terrain au retour de l’Iran aux engagements envers cet accord international », a précisé le patron de la diplomatie russe, en affirmant : « Nous avons entendu des déclarations de l’équipe de politique étrangère de Biden sur les plans de la diplomatie de la nouvelle administration américaine », a déclaré le haut diplomate russe et figure parmi ces projets son intention de retourner à l’accord nucléaire iranien. »

Soulignant les conséquences positives de la mise en application intégrale de l’accord sur les relations entre la Russie et l’Iran, Lavrov a poursuivi : « Si tous les signataires de l’accord respectent leurs engagements et que nous espérons parvenir à une telle conclusion, les relations entre L’Iran et la Fédération de Russie vont certainement s’améliorer. Ainsi, la Russie en profitera, car elle se débarrassera des sanctions illégales et unilatérales des États-Unis et de plusieurs autres pays ».

« Nous espérons que nos efforts actuels seront fructueux et que les États-Unis reviendront à la pleine mise en œuvre de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui conduira l’Iran à retenir ses engagements envers l’accord de Genève », a déclaré Lavrov.

Les actes des États-Unis ont amené l’Iran à revenir sur ses engagements nucléaires

Le haut diplomate russe a en outre déclaré que Moscou était préoccupée par la réduction des engagements de la RII envers l’accord sur son programme nucléaire, mais que les États-Unis étaient à l’origine de ce problème.

« Moscou est prêt à construire de nouvelles unités au sein de la centrale nucléaire de Buchehr ». C’est ce qu’a déclaré Lavrov.

« La Russie poursuivra, ajoute-t-il, ses efforts pour s’assurer que l’Iran et les États-Unis respectent pleinement leurs obligations envers le Conseil de sécurité dans un proche avenir ».

Le ministre russe des Affaires étrangères a également annoncé qu’il avait également discuté avec son homologue iranien de la construction de nouvelles unités à la centrale nucléaire de Bushehr.

« En particulier, nous avons discuté de la coopération dans la construction de nouvelles unités à la centrale nucléaire de Buchehr et nous saluons en général de l’engagement de tous nos partenaires dans les secteurs économique et commercial en Russie et en Iran envers le développement global d’une coopération multilatérale », souligne le ministre russe.

« Les relations russo-iraniennes sont indépendantes des caprices américains »

Sergueï Lavrov a en outre qualifié d’illégales les sanctions américaines, avant de poursuivre :

« Les relations Téhéran-Moscou sont indépendantes du maximalisme des Américains qui imposent des sanctions illégale.

Faisant référence aux tentatives des États-Unis pour faire obstacle aux relations Téhéran-Moscou, il a déclaré que certains acteurs internationaux tentaient de limiter la coopération bilatérale Téhéran-Moscou par des moyens illégaux et par l’abus de sanctions unilatérales, ce qui va à rebours du droit international.

“Nos relations se développent en fonction des intérêts des deux pays et des deux nations, et cela, indépendamment de toute tierce partie”, a déclaré Lavrov, soulignant que les relations entre l’Iran et la Russie sont basées sur les intérêts des deux pays.

“Aux États-Unis, certains cherchent à renverser l’accord nucléaire afin d’entrer en guerre avec l’Iran”

Le ministre russe des Affaires étrangères a fait référence aux tentatives de l’ancienne administration américaine, Donald Trump, de persuader d’autres pays de renoncer à leurs engagements envers l’accord nucléaire. Ne sont pas rares ceux aux États-Unis qui veulent lancer une guerre contre l’Iran sous prétexte de réduire les engagements envers l’accord nucléaire. »

« Le prochain sommet syrien se tiendra à Sotchi en février »

Dans une autre partie de sa conférence de presse, Sergueï Lavrov a évoqué la question du règlement de la crise syrienne sous la forme du sommet d’Astana et a déclaré :

« Le prochain sommet d’Astana sur la Syrie devrait avoir lieu en février à Sotchi. »

« Nos actions en Syrie ont eu de bonnes conséquences et nous avons discuté des préparatifs du prochain sommet à Astana, étant censés avoir lieu à Sotchi en février », a renchéri le ministre russe.

« Le désir de la Russie d’approfondir le dialogue avec l’Iran sur le Haut-Karabakh »

Le ministre russe des Affaires étrangères a également évoqué la question du « Haut-Karabakh » et a déclaré : « Compte tenu du rôle de l’Iran et de la Russie dans la région qui nous entoure, nous continuons les pourparlers sur des questions telles que la sécurité dans le golfe Persique.

Le chef de la diplomatie iranienne, tout en félicitant pour sa part la Russie pour son aide au règlement de la crise du Haut-Karabakh, a déclaré lors de cette conférence de presse :

“Je présente mes félicitations à M. Poutine et à la Fédération de Russie pour surmonter la crise dans la région. Un grand nombre de soldats, en particulier des civils, ont été tués au Haut-Karabakh. Aujourd’hui, nous pouvons être sur le point d’entrer dans une nouvelle phase qui transforme les différences en coopération, et nous pouvons travailler pour créer des synergies dans la région et rouvrir les voies qui ont été fermées depuis trois décennies, et aplanir le terrain à des progrès et faciliter les développements économiques dans la région, qui est le meilleur garant de la paix entre la République d’Azerbaïdjan et l’Arménie et toute la région.”

Le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, est arrivé ce mardi à Moscou, où il a déclaré aux journalistes : “Les relations Iran-Russie nécessitent des contacts réguliers et la pandémie du Covid-19 ne nous empêchera pas de faire ces contacts.”

Zarif s’est auparavant rendu en République d’Azerbaïdjan, où il a rencontré le président, le ministre des Affaires étrangères et le vice-Premier ministre de ce pays et après Moscou, il se rendra à Erevan et de là à Tbilissi. La Turquie est la dernière destination de la visite du chef de la diplomatie.

 

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