Feb 15, 2021 16:58 UTC
  • Pire coup anti-Israël

Les Occidentaux s’inquiètent de l’adhésion éventuelle de l’Iran à l’Union économique eurasienne (UEE), ce qui lui permettrait de contourner les sanctions américaines. La vraie inquiétude vient en fait de la montée en puissance de la Russie qui dirige, entre autres, cette Union.

Après la visite en Russie du président du Parlement iranien, Mohammed-Bagher Qalibaf, la revue israélienne Israel Hayom s'est penché sur toutes les inquiétudes des pays occidentaux : « Les États occidentaux craignent que l'adhésion à l'Union dirigée par la Russie ne permette à Téhéran de contourner les sanctions américaines et de faire progresser son programme nucléaire. » Le président du Parlement iranien, Mohammad-Bagher Qalibaf, a déclaré vendredi que son pays prévoyait de rejoindre l'Union économique eurasienne (UEE) dirigée par la Russie. Téhéran ferait ses premiers pas pour rejoindre l'organisation des nations d'Europe de l'Est et d'Asie occidentale et centrale dans deux semaines.

Qalibaf a fait ces remarques à la suite d’une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine lors d’un voyage de trois jours à Moscou. Il s'est également entretenu avec des membres de la Douma russe et a discuté de questions économiques avec de hauts responsables gouvernementaux. Créée en 2014, l'UEE adopte des politiques communes sur des questions telles que la macroéconomie, les transports, l'industrie, les douanes et les réglementations antitrust et permet la libre circulation des marchandises. Ses membres sont la Russie, le Kazakhstan, l'Ouzbékistan, la Moldavie, la Biélorussie, le Kirghizistan et l'Arménie.

« Les États occidentaux ont exprimé leur inquiétude de voir l'Iran tirer parti du commerce côtier avec la Russie et d'autres pays de l'UEE pour contourner les sanctions américaines et faire progresser son programme nucléaire. La Russie a aidé Téhéran à étendre et à moderniser son programme nucléaire dans le passé », a noté Israel Hayom.

L’inquiétude occidentale peut bien s’expliquer sur fond des différends récemment apparus entre la Russie et les pays de l'OTAN qui avaient annoncé de nouvelles sanctions contre ce dernier pays, ces pressions visant à faire replier la Russie dans ses frontières et à le bouter comme l'a récemment annoncé le chef du Pentagone en dehors du Moyen Orient. Evidemment la perspective une alliance Russie-Résistance faisant diablement peur. 

Or vendredi, le ministre russe des Affaires étrangères a averti que son pays était même prêt à rompre ses relations diplomatiques avec l'Union européenne en cas de nouvelles sanctions : « Nous y sommes prêts. Nous le ferons si nous voyons… que des sanctions sont imposées dans certains secteurs paralysent notre économie. » L’avertissement de Lavrov intervient trois jours après les déclarations du chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, qui avait recommandé l’adoption de nouvelles sanctions contre Moscou après avoir été durement traité pour ses ingérences dans les affaires intérieures russes.

En fait, selon le plan occidental, Poutine aurait du être ramolli par les manifestations pro-Navalny du 23 janvier, mais il ne l’a pas été. Bien au contraire, Poutine a fait preuve d’une détermination surprenante. Trois diplomates européens ont été expulsés de Russie pour avoir participé aux manifestations, durant le séjour de Josep Borrell à Moscou. Lors de la conférence de presse finale avec Borrell, Sergey Lavrov, a déclaré à la presse que la Russie ne considère pas l’UE comme un « partenaire fiable ». Poutine a averti l’Occident que les « sanctions » (actes de guerre économique) pourraient amener la Russie à utiliser la force militaire directe. C’était le premier avertissement de ce type depuis 1968. 

 

 

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