Mar 01, 2021 17:46 UTC

Alors même que les Etats-Unis d'Amérique font mille et une contorsion pour priver l'Iran de ses droits nucléaires civils, puis bousiller son secteur de défense en sanctionnant ses missiles, des courants au sein du Pentagone caressent le rêve d'une guerre contre la Chine et la Russie qui utiliseraient les mini bombes nucléaires!

L'an dernier des essais tactiques de ce genre ont d'ailleurs eu lieu en Allemagne, dans la base de Ramstein, selon des fuites. En effet, certains hauts généraux et amiraux américains tentent d’influencer l’administration du président Joe Biden afin de restructurer les forces militaires, d’agrandir l’arsenal nucléaire et d’accroître les capacités de combat spécifiques. 

Un article signé Brian Cloughley y revient : " le 2 février, le chef d’état-major de l’armée de l’air américaine, le général Charles Q. Brown, et le commandant du corps des Marines, le général David H. Berger, ont publié dans le Washington Post un article dans lequel ils expriment leur soutien global à la stratégie de défense nationale de 2018 mais se plaignent que « celle-ci n’a pas modifié les priorités d’investissement en matière de défense à l’échelle mondiale ou dans la mesure nécessaire pour préparer l’armée américaine à la compétition entre grandes puissances ». En d’autres termes, ils considèrent que leurs forces armées, qui coûtera cette année 740 milliards de dollars, ne sont pas prêtes pour la guerre, bien que l'utilisation de l’argent des contribuables soit 11 fois supérieure à celle de la Russie et trois fois supérieure à celle de la Chine. Puis le chef du commandement stratégique, responsable de la « dissuasion stratégique, des opérations nucléaires et des opérations spatiales », l’amiral Charles Richard, a écrit, dans l’édition de février du magazine de l’Institut naval, que la Russie et la Chine « ont commencé à défier agressivement les normes internationales et la paix mondiale en utilisant des instruments de puissance et des menaces de force d’une manière jamais vue depuis le sommet de la guerre froide ».

Ce n’est pas une coïncidence si, début février, le Pentagone ordonnait à deux groupes d’attaque de porte-avions américains, dirigés par les USS Theodore Roosevelt et Nimitz, d’effectuer des manœuvres en mer de Chine méridionale. La mission de cette force colossale (qui compte au total 120 avions de chasse), selon l’amiral James Kirk, commandant le groupe d’attaque du Nimitz, était de garantir « l’utilisation légitime de la mer dont toutes les nations bénéficient en vertu du droit international », et il a été rejoint par son collègue, l’amiral Douglas Verissimo du groupe d’attaque du Roosevelt, qui a déclaré « nous sommes déterminés à promouvoir une zone Indo-Pacifique libre et ouverte ». De toute évidence, aucun des deux n’est conscient que les États-Unis refusent de ratifier la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, qui est considérée comme « la constitution des océans et représente le résultat d’un effort sans précédent, et jusqu’à présent unique, de codification et de développement progressif du droit international ». Mais cela n’empêche pas les amiraux de ces groupes d’attaque d’être fiers de leurs missions provocatrices en mer de Chine méridionale qui semblent surtout destinées à pousser la Chine à réagir.

Les forces américaines menacent la Chine dans la mer de Chine méridionale et confrontent la Russie tout au long de ses frontières – plus récemment dans la mer Noire où la marine américaine a déployé deux destroyers de missiles guidés en janvier. La mission de cet organisme de planification de la guerre est de procéder à un examen de la « stratégie et des concepts opérationnels, de la technologie et du dispositif de force » des États-Unis, conformément à la déclaration de Biden selon laquelle « c’est ainsi que nous relèverons le défi que nous tend la Chine et que nous veillerons à ce que le peuple américain remporte la compétition pour le futur ».

Oncle Joe a donc apparemment rejoint les généraux dans leur poursuite incessante de la domination militaire mondiale. Ce saut imminent vers une catastrophe mondiale est conforme à la déclaration de l’amiral Richard du Commandement stratégique selon laquelle « l’armée américaine doit faire passer son hypothèse principale de "l’emploi du nucléaire n’est pas possible" à "l’emploi du nucléaire est une possibilité très réelle", et agir pour répondre à cette réalité et la décourager ».

Les officiers supérieurs de l’armée préparent les citoyens à un holocauste nucléaire définitif – car il ne peut y avoir de guerre nucléaire limitée – et l’oncle Joe Biden leur permet de communiquer directement leur opinion personnelle au peuple. Il montre son approbation envers leur « activité politique partisane », car il y a plusieurs millions d’Américains qui, par exemple, sont en désaccord avec le programme GBSD, « la dissuasion stratégique au sol » (The Ground Based Strategic Deterrent) et même un très grand nombre soutient l’élimination de toutes les armes nucléaires. Les généraux du Pentagone battent les tambours de guerre et le président n’a encore rien fait pour les contenir. Prendra-t-il seulement des mesures pour mettre fin à cette course à la guerre nucléaire ?

 

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